D’un océan à un autre – passage du canal de Panama

Pour ce fameux passage, nous décidons de nous mêler le moins possible des formalités administratives (nous avons perdu assez de temps avec la réparation du moteur) et passons par un agent réputé pour son sérieux : Erick Galvez. Il organise pour nous les différentes étapes pour le passage, se charge de la paperasse, nous loue les amarres et pare-battages nécessaires et nous envoie deux handliners expérimentés – deux étudiants ; il faut être 5 à bord pour pouvoir traverser le canal : un à la barre et 4 pour tenir les amarres. Erick nous briefe consciencieusement, et insiste tout particulièrement aux repas à prévoir pour le Pilot Advisor. Sujet semble-t-il TRES sensible.

Ainsi le 9 Mai, nous avons rendez-vous à la marina de Shelter Bay afin de procéder à la mesure du bateau, avec un agent du canal. Il vérifie que nous avons tout ce qu’il faut à bord, notamment une corne de brume que Pierre casse en essayant de lui montrer qu’elle fonctionne !

Le lendemain,  notre agent nous communique notre date de passage: le 20 mai. Ce qui nous laisse du temps que nous décidons de passer aux San Blas.

Après les San Blas, et avant le passage, nous avons passé trois jours à Portobello pour l’avitaillement en frais et les dernières lessives, en vue de la traversée du pacifique. Vu notre retard, nous avons décidé de ne pas faire escale à Balboa, de l’autre coté du Canal, mais de filer direct pour les Marquises. A Portobello, nous avons également fait les formalités de sortie du territoire Panaméen, en fait 3 jours avant la sortie effective.

La veille du départ, nous retournons à Shelter Bay pour les derniers préparatifs du bateau et pour embarquer les deux handliners. Puis nous allons jeter l’ancre dans une zone d’attente proche de l’entrée du canal : le “flat”. En effet, notre rendez-vous avec le pilote (“canal advisor”) est fixé à 5h du matin sur le flat, et le passage du canal en entier est prévu sur une journée (un planning plus classique prévoit un passage sur deux jours, avec un nuit au mouillage au lac Gatun).

Finalement, nous sommes partis vers 6 heures du “flat” et arrivés vers 18h au mouillage de Playita, bien crevés et contents de notre journée – nous avons parcouru 44 milles.

Voici notre passage en photos !

La veille du passage, Ambrym est mouillé au “flat”, la zone d’attente pour le passage du canal, au centre des activités portuaires.
Sur le pont, les amarres et pare-battages loués pour l’occasion attendent leur heure.
Au petit matin, vers 6 h, notre pilote Juan (“canal advisor”) nous rejoint sur le “flat”. C’est parti pour une journée de traversée du canal ! Sur le pont, nos deux “handliners” embauchés pour la journée nous aideront aux manœuvres d’amarrage.
C’est parti!
On nous a beaucoup parlé de pilotes irascibles. Juan au contraire était très sympa, facile, passionné, et très loquace sur le fonctionnement du canal. Et comme, il surveille sa ligne, il ne nous a pas embêté avec les repas !
C’est quand même cool…
A l’approche de la première écluse, la plus grande, qui nous mènera au lac Gatun.
Nous passons la première écluse à couple d’un autre monocoque, au centre de l’écluse, et derrière un gros cargo. Nous devions être 3 bateaux, mais le pilote advisor du 3eme bateau était malade ce matin là, et les premiers arrivés au “flat” sont les premiers servis…
Le handliner récupère la pomme de touline qu’on a jeté sur le pont, et y attache l’amarre.
Puis l’amarre est récupérée par le manutentionnaire de l’écluse, amarrée sur une bite, puis raidie sur le pont du bateau par le handliner. Elle est reprise par le handliner au fur et à mesure de la montée du niveau.
Les portes de l’Atlantique se ferment sur Ambrym.
Dominique passe le canal pour la seconde fois!
Derrière les capuchonnés, la baie de Colon et l’océan Atlantique, que surplombe Félix.
In situ, Félix dessine le parcours du canal et la manoeuvre des écluses.
Après la première écluse, nous traversons le lac Gatun, créé artificiellement pour le canal. Il traverse une zone équatoriale entièrement vierge et magnifique.
Paysage Panaméen

Nous sommes parfois dépassés par des mastodontes.
Le lancer de pomme de touline.
Dans les écluses, Ambrym avance au moteur. Les cargos sont tirés par des wagonnets.
Sophie et Félix restent insensibles aux charmes du génie industriel…
De l’entrée à la sortie de l’écluse, nous sommes accompagnés de chaque coté par quatre marcheurs/lanceurs de pommes de touline.
Les “marcheurs” des cargos.
Au passage de la troisième et dernière écluse. En arrière plan, le Pacifique. Dans le bâtiment à gauche une webcam filme 24 heures sur 24 le canal. Ainsi Catherine a pu, depuis Nantes, nous voir passer dans le Pacifique en direct !
Sésame, ouvre toi!
Les portes s’ouvrent sur la sortie. Vite, nos meilleurs Handliners récupèrent les amarres, tandis que le bateau file plein gaz, pour être manoeuvrants dans les remous provoqués par le mélange des eaux douces et salées.
Ca y est, nous voici dans le pacifique, après une longue journée! au loin, le pont des Amériques ouvre la porte de l’océan.
Depuis Balboa, le GPS nous indique la longueur de la prochaine étape : 3780 milles jusqu’à Nuku Hiva!

 

One Comment

  1. Salut Pierre !!!

    Je ne te poses pas la question mais je penses que tu as l’air de profiter un max et toute la famille aussi!!! Les photos sont magnifique et quelle expérience qui vous laissera des souvenirs magiques. Hâte de voir la suite et peut être à bientôt!!! Bises à la famille.
    Lucien

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